« Enivrez –vous sans cesse ! » intimait le poète, mais Baudelaire opposait le vin qui rend « bon et sociable » au haschich, qui « annihile la volonté », parce qu’il ouvrirait « la porte du paradis ».

Le plaisir incommensurable des drogues illicites ?  L’argument a été invoqué pour justifier leur prohibition. Entre temps, l’opposition binaire ivresses licites/ivresses illicites a volé en éclat avec l’expérience des poly usages. Qu’est-ce qui se fabrique, s’invente ou se reproduit avec la modification des états de conscience ? De la mise en scène des ivresses socialisées aux « hérétiques de la sensation » qui annonçaient selon Henri Michaud « un érotisme devenu éclectique », on s’efforcera ici d’appréhender comment les états modifiés de conscience travaillent le corps social, les mondes alternatifs éphémères ou encore les lignes de fuite qui ouvrent à un autre espace-temps, à une autre relation à soi et aux autres- sans oublier les reterritorialisations au risque de se perdre.

 

Intervenants

Michal Herer, enseigne la philosophie contemporaine à l’Université de Varsovie.

Anne Coppel, sociologue, spécialiste de la politique des drogues, entre recherche, expérimentation et engagement associatif ; lutte contre le sida et  réduction des risques.

Véronique Nahum-Grappe, anthropologue à l’EHESS, (Institut interdisciplinaire d’anthropologie du contemporain).

Lieu

EHESS
105, boulevard Raspail
75006 PARIS

Tarif

Entrée libre.

 

Source : crh.ehess.fr